Je suis un bailleur privé, cela fait-il de moi un Thénardier?

 

Suis-je un Thénardier?

 

J’investis dans l’immobilier : cela fait-il de moi un Thénardier? Qui se lance dans l’investissement immobilier, et le fait savoir, se rendra vite compte que tout le monde a un avis sur le marché du logement, et que dans une partie de la population les termes investisseurs et spéculateurs sont rapidement mélangés, piétinés ensemble et jetés aux orties avant même que vous ayez fourni la moindre explication sur votre business. Vous faites de l’immobilier, vous êtes un Thénardier!

 

Un bailleur privé n'est pas nécessairement un Thénardier

Pour certaines personnes, derrière un bailleur privé se trouve nécessairement un Thénardier!

 

 

Pourtant, quand j’achète un immeuble de rapport, que j’y réalise ou fait réaliser des travaux d’amélioration dès l’acquisition ou au fil du temps, selon que les lots sont occupés ou pas, je n’ai pas la sensation que mes locataires, eux, me prennent pour un Thénardier… De fait, les avis viennent souvent de personnes bien ou mal intentionnées mais surtout étrangères au sujet. Pour en revenir à mes locataires, ils me contactent quand il y a un problème et me savent réactif. C’est le deal, si je gère en direct, je me dois d’être joignable et d’apporter rapidement des solutions. Et j’entretiens de très bons rapports avec mes locataires, mon approche d’investissement n’ayant rien à voir avec celle d’un marchand de sommeil ou celle des personnages de Victor Hugo.

 

Une autre approche

 

En fait, si je pense Thénardier, je serais plutôt le contraire. En effet, quand bien même j’investis dans des zones un peu sinistrées en terme d’emplois, je cherche toujours à améliorer les appartements mis en location. Selon les endroits et selon la tension du marché locatif local, cela peut permettre d’améliorer directement ses revenus avec des loyers plus élevés ou indirectement en diminuant la vacance locative, le tout en visant les “meilleurs” locataires de l’endroit. Pour ma part, j’ai dans tous les cas le souhait d’améliorer le confort des lots. Au gré de mes acquisitions, de ma négociation avec le banquier ou de ma trésorerie du moment, cela passe par :

  • le changement du revêtement de sol : Linoléum ou tommette par exemple, sont recouverts de parquet
  • la démolition des éviers de cuisine des années 50-60 qui font place à des cuisines aménagées et équipées.
  • le remplacement des lavabos sur pied de salle de bain par des meubles sous vasque + miroir
  • – etc…

Pour être un peu plus transparent encore, j’y ai même intérêt. Investir dans des immeubles gagnants a ses avantages, mais pour éviter de payer de l’IS (impôt sur les sociétés), il faut des charges. Surtout, comme c’est mon cas actuellement, en phase de constitution de patrimoine de ma SCI, période pendant laquelle je ne retire rien de la structure, mais suis au contraire à sa disposition pour l’aider à se transformer en un solide véhicule d’investissement. Et l’amélioration du bâti, des lots, est une excellente manière de dépenser ses excédents!

 

Il y a toujours un troll qui rôde

 

Arrivé ici, je me dois de préciser que cet article m’est venue en tête dans un premier temps suite à une réunion de famille un peu alcoolisée et mouvementée, puis réactivée tout à fait récemment par la rencontre d’un troll velu sur Internet. Et comme j’aime bien les chiffres, je me permets tout d’abord de rappeler qu’en France les bailleurs privés, c’est environ 11 millions de personnes. Et maintenant la question qui tue : si ces 11 millions de personnes décidaient de vendre, parce que bon, louer un bien c’est le mal, tous les locataires auraient-ils les moyens financiers ou la volonté de devenir propriétaire? Pour répondre, voici quelques profils de personnes que je ne vois pas devenir rapidement propriétaire pour une raison ou pour une autre :

  • le jeune qui commence sa vie professionnelle
  • les étudiants. Tellement évident qu’il m’est inutile de préciser
  • les divorcés à qui la location offre une bouée de secours quand la cohabitation n’est plus possible
  • les personnes qui occupent des postes fortement sujets à mutation. Quel intérêt d’acheter dans ces conditions?
  • les familles monoparentales pour lesquelles le recours à l’emprunt n’est pas évident
  • les noceurs, les flambeurs, ceux qui ne pensent pas au futur et qui ne cherchent pas à bâtir un patrimoine trop occupés qu’ils sont à consumer leur vie
  • les retraités aux petits revenus, qu’une vie ponctuée de choix plus ou moins heureux condamne à une fin de vie désargentée
  • les jeunes adultes en difficulté pour lesquels des associations cherchent des solutions en dehors de la cellule familiale
  • l’investisseur qui a compris que l’époque n’est plus à la propriété passive, que la location de longue ou courte durée permet une très grande liberté de mouvement
  • les personnes qui pour des raisons qui leur sont propres ne souhaitent pas s’endetter auprès d’une banque pour acheter

J’en oublie certainement. Vous pouvez dans tous les cas voir que selon les profils, la location est parfois contrainte, parfois choisie, et s’impose bien souvent d’elle-même. Et pour loger toutes ces personnes, les 11 millions de bailleurs privés sont les bienvenus. En effet, il faut bien que quelques uns prennent le risque d’investir et de loger toutes les personnes se trouvant dans les cas sus-nommées. A contrario de ces personnes, je me demande bien quelle est la contribution au marché de l’immobilier de celui qui diabolise les bailleurs privés dans leur ensemble comme s’il s’agissait de Thénardier modernes ou de nuisibles à abattre.

 

Dans l'immobilier, les trolls velus se comptent en millions

Sur Internet, chaque sujet a ses trolls velus, et l’investissement locatif ne fait pas exception

 

 

Pour en revenir à mon troll velu évoqué plus haut, celui-ci écrivait « je pense que si l’on donnait le choix aux gens la majorité serait propriétaire ». Le troll bien souvent aime balancer ses avis même teintés d’une méconnaissance profonde du marché du logement. Ainsi en France, plus de la moitié de  la population est déjà propriétaire (57,7% INSEE 2014). De plus, nous ne sommes pas en dictature jusqu’à preuve du contraire, et chacun peut donc postuler pour la propriété de sa résidence principale. Il y est même encouragé par des aides de l’Etat, la plus connue étant le prêt à taux zéro, sans cesse remodelé pour le rendre accessible au plus grand nombre. Après, il restera toujours des personnes qui sont incapables de mettre de l’argent de côté ou qui refuse de bouger géographiquement, ce qui leur permettrait pourtant de trouver des prix plus accessibles.

 

La parole à mes locataires

 

En réponse aux trolls velus rencontrés ci et là sur Internet, je préfère citer mes locataires en réponse à leurs assertions insultantes sur le bailleur privé en général :

  • « Je viens par ce message vous informer que je vais devoir quitter l’appartement…en effet je vais être muté sur un autre site de l’entreprise. Cela risque d’être pour début juin et je sais que c’est dans ce cas un mois de préavis, mais comme nous avons toujours été honnêtes entre nous. Dois je vraiment vous faire un courrier (ce qui n’est pas vraiment mon fort )? »
  • “J’ai eu de la chance d’avoir un propriétaire comme vous. Bonne continuation à vous.”
  • “Merci pour le logement de mon voisin, et de me le laisser au même loyer”

Ainsi que vous pouvez le constater, mes locataires eux-mêmes sont loin de me considérer comme un Thénardier.

 

En conclusion, vous comprendrez que je ne me considère pas du tout comme un Thénardier mais au contraire comme un fournisseur de service. Le service peut avoir la forme d’un logement, il n’en reste pas moins un service au titre duquel j’interviens pour que mes locataires soient satisfaits et se sentent chez eux le temps de leur bail. Quand au troll velu dernièrement croisé sur la toile, il peut toujours aboyer ses âneries, ma caravane passe. J’ai déjà trois immeubles de rapport et ce n’est que le début! De votre côté, j’espère que cet article aura contribué à vous donner à voir un autre aspect du bailleur privé que celui souvent mis en exergue dans les médias, dans les débats politiques ou les discussions de comptoir. Pour finir, n’hésitez pas dans les commentaires à indiquer quelle image vous avez du bailleur privé.

 

Photos dans leur ordre d’apparition par Stefan Körber et Albert Ziganshin

Author: Frédéric

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